Il faisait froid cette nuit là. Enfin, ce matin là. Il faisait encore très noir aussi. Une matinée, ou même une nuit de Novembre. Je marchais, laissant la trace de mes pas sur le sentier de terre, glissant à peine sur les feuilles d'automne tombées sur le sol, qui laissaient leurs arbres dénudés à la vue glaciale du paysage. Le clair de lune embellissait le tout, illuminait chaque recoin de la fôret sans feuilles, m'indiquant la voie. Triste et dure voie de la sollitude. Peut-être aussi le plus merveilleux moment de toute ma vie. M'en aller vers un au-delà, là-bas, là où personne ne m'attend... Aucun amour, aucune indifférence, aucune haine, aucune remarque... rien.
J'allais abandonner ma vie pour renaître, tel un phoenix déchirant l'atmosphère de son cri strident, armé de rouge et de feu. J'allais revivre... loin.
Personne ne me suivait. Personne m'attendait. Moi, et moi seule m'accompagnais dans ma promenade nocturne, bercée par le doux et affolant cri de la nuit, les hululements de la chouette qui ne dormait pas elle non plus.
Seule la Nature semblait m'aimer ici, ou plutôt, me comprendre. Elle savait tout, sans savoir pourtant. Comme si.. elle voulait me soulager de mes peines, m'aider. Comprenait-elle seulement ce que j'avais enduré jusque là? Savait-elle tout de moi? Que savait-elle au fait... de ma vie?
J'avançais, têtue, n'écoutant pas les complaintes de la nuit. Elle ne sait rien de moi. Personne ne me connaît. Personne ...
... je continuerai seule à avancer, toute seule, moi & moi. Il n'y aurait plus que moi pour me trahir. Comme ça, les risques seraient limités.
... J'irai là où je vivrai, j'irai là où je verrai, j'irai là où je pleurerai, j'irai là je mourrai. J'irai, c'était tout.
xx